Conclusion :

Dans l'état actuel d'avancement de la recherche et de développement de la filière, il est certain que le coût de mise en place et de revient semble encore peu rentable à court terme. Le manque d'expérience dans ce domaine ne permettant pas d'envisager avec sérieux ce que seront les énergies vertes dans plusieurs dizaines d'années, les biocarburants ne pourront se développer rapidement qu'avec de gros investissements, de nombreuses subventions et une fiscalité intéressante. L'apport écologique pourra être positif, à condition que les cultures et les quantités produites soient strictement encadrées et réglementées par une politique respectueuse de l'intérêt de chacun, d'un point de vue économique, mais également social et écologique.

La concurrence pour l'occupation des sols avec les cultures alimentaires, et le risque d'un impact écologique important restent les principaux contres-arguments face aux bio-carburants. À la question « manger ou conduire, faut-il choisir ?», la réponse est évidemment non. L'actualité nous renvoi cependant des réalités sociales et écologiques dramatiques qui répondent à des logiques et à des priorités différentes de nos valeurs européennes, notamment en Amérique latine.

Faut-il cependant se priver de cette ressource ? La question des biocarburants doit être replacée dans une réflexion plus générale sur notre consommation d'énergie, nos émissions de CO2, et notre sens social à une échelle évidemment globale.

Même si les biocarburants de première génération ne sont pas LA solution, il n'en constituent pas moins une. Utilisés intelligemment comme une énergie de complément plutôt que de substitution, il pourraient également permettre d'aménager le terrain pour la seconde génération, celle des ressources ligno-cellulosique, bien plus prometteuse, efficace, et éthiquement irréprochable.