Lobbys, dollars, et vraie fausse information


jusqu'où... ?

« Le pétrole brasse des milliards de dollars ! » Cette affirmation qui s'entend du comptoir du café des sports jusqu'à Wall Street en passant par le journal de 13h sur TF1 n'en reste pas moins vraie ! Les acteurs sont aussi nombreux que variés, tout comme les intérêts qu'ils trouvent ou qu'ils peuvent trouver dans un éventuel essor des biocarburants, dans le réchauffement climatique, ou dans un maintien de la situation actuelle. Au travers d'exemples, de suppositions et de réflexions, nous allons chercher de décrypter quelles peuvent être les rôles plus souvent mauvais que bon des grands de ce monde.


Le pétrole, un investissement juteux ces derniers temps...

L'OPEP est certainement l'organisation qui a le plus à perdre dans un essor des biocarburants. Ses membres pris individuellement y trouvent cependant des intérêts divers.


Les 13 pays membres de l'OPEP : Iran, Iraq, Kowait, Arabie Saoudite, Vénézuela, Qatar, Indonesie, Libye, Emirats Arabes Unis, Algerie, Nigeria, Equateur, et l'Angola

Les pays du golfe de la péninsule arabique, dont l'économie est entièrement basée sur le pétrole et les investissements qui en découlent adoptent une position très claire : la protection de la situation actuelle leur convient très bien. Au Vénézuela, les intérêts économiques se mêlent aux intérêts politiques. Pour le président en place, Hugo Chavez, la population ouvrière serait plus encline à accepter son idée du socialisme, et les biocarburants alimentent ainsi la lutte idéologique avec le Brésil de lula, leader des biocarburants et du progrès agricole. L'état vénézuelien, également conscient du potentiel agricole national, joue malgré tout sur les deux terrains.

Aux États unis par contre, pays exportateur de pétrole mais ne faisant pas parti de l'OPEP, le lobby du pétrole est très puissant, mais il se heurte à celui des agriculteurs de maïs, qui trouvent dans les biocarburants un intérêt facilement compréhensible, empêchant cependant le développement d'une autre source d'énergie (un peu plus) verte.

Monsanto, le leader des plants OGM, semble lui aussi vouloir tirer son épingle du jeu. La vente de plants transgénique pour produire de l'huile et de l'éthanol, comme il l'on déjà fait avec le soja R R, est un marché qui peut s'avérer plus que juteux ! D'autres multinationales importantes ont une bonne carte à jouer, comme l'entreprise de chimie américaine Dupont de Nemours qui s'est récemment allié avec le pétrolier BP.


appétissant !

En France, la tendance est fortement favorable au développement des biocarburants. Leur légalisation totale engendrerait toutefois des « dérives » comme la production-maison, pas taxable. L'état a donc peut intérêt à lancer véritablement les procédures tant qu'une solution n'a pas été trouvé. La pression des pétroliers, dont les rapports avec le monde politique n'est pas inconnu, peut lui aussi influencer la marche des choses, en menaçant, par exemple, d'augmenter les prix du pétrole. La France étant toutefois l'un des leader en matière de biodiesel et d'éthanol, les pétroliers sont eux aussi bien avancés en la matière et multiplient les liens avec le monde des biocarburants, laissant espérer un développement futur des biocarburants. Total, par exemple, est le premier client de la société Diester Industrie, leader national du biodiesel. Il possède également le monopole de la production d'ETBE, qu'il favorise de toute ses forces. En effet, l'ETBE fait appel à des produits dérivés de la production de pétrocarburants, permettant ainsi au leader français de s'assurer le contrôle de la filière. D'autres entreprises, comme Areva, le leader du nucléaire civil français, jouent un rôle plus indirect. L'intérêt qu'ils trouvent dans le maintien d'une psychose autour du réchauffement climatique les place en effet aux cotés d'autres « pro-biocarburants ». Le contrat qu'ils ont décroché pour le renouvellement du parc nucléaire britannique n'y est d'ailleurs peut être pas étranger.


Le secteur du nucléaire et Areva sont des acteurs importants du monde de l'énergie, qui entendent bien faire valoir leurs intérêt.

L'information est évidemment orientée suivant les intérêt de chacun. Les états publient les rapports qu'ils veulent bien publier, certains scientifiques affirment en fonction des mécènes. On joue également sur les mots. Le terme de biocarburant, bien que correct puisque s'agissant de carburant issue du vivant, ne semble pas convenir à certains, pour qui le coté écolo sous lequel il présente l'éthanol, l'EMHV etc. semble biaisé. Ils préféreront alors le terme d'agri-carburant, ajoutant même parfois celui de « nécro-carburant ». L'utilisation d'images chocs de « famines », dues aux biocarburants et de déforestation, sont également légion, aux cotés des prévisions alarmistes sur le réchauffement et des oiseaux morts à la suite d'une marée noire.


Pour les biocarburants !!                   Contre !!